Dimanche 8 mars 2009

Partager des soleils tombant en pluie de cendre
Tout contre un arc en ciel de paupières plâtrées
Sur un bistre regard aux visions de cassandre,
Orgasmique tension d'un organe châtré ;

Simuler qu'un désir de chair est secondaire,
Pourvu qu'entre deux coeurs l'amour batte très fort,
Protège les vieux jours des instincts lapidaires,
Là où le mot "chéri" côtoie la métaphore.

Contourner les écueils sans un cap à maudire
Pour des futilités, des riens qui indisposent ;
Sexe avare d'émois, ne pas le contredire ;
Tant qu'il est endormi, les lèvres se reposent.

Et surtout ne jamais bouder les tempes grises,
L'implantation des soies que sait tisser le temps.
Lui seul peut adoucir le poids de son emprise
Dans le roucoulement des rires du printemps.

Tamponner nos sueurs sur anciennes ivresses,
Epiderme imbibé de cette huile essentielle
Poissant entre nos doigts sans excès ni paresse,
Dans la pénétration de l'indigo du ciel.


Par Rose Vengée
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Dimanche 8 mars 2009

Sous une fine porcelaine
Son regard vient de s'endormir.
Frémit un sein en point de mire
Au doux souffle de mon haleine.

Souquez ferme, doigtés fébriles,
Sous peu qu'une langue ratisse
A l'insu de sa chair métisse
La toison bouclant son nombril.

Chaque sens en ébullition,
De mon désir je suis victime,
Prêt à commettre un viol intime
Sans pacte de coalition.

Mais l'orée de ses reins pactise
Avec mon viril braconnage,
L'étreint dans son capitonnage
Et fait sienne ma convoitise.

M'éprouvent ses lèvres gourmandes,
La moue triturant son menton ;
Elle Provence et moi santon
Moulé au creux de son amande.

Par Rose Vengée
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Dimanche 8 mars 2009

Si un jour le ciel nous épouse,
Il devra être tolérant.
Nulles déceptions ne recousent
Les plaies de coeurs belligérants.

Si un jour tu fonds ta mortaise
Dans l'épaisseur de mon ciment,
Oublie quelques mots, des foutaises
Indignes sauf pour un amant.

Si un jour ton coeur me récuse,
Rappelles-toi que nuits et jours
Je t'ai trouvé bien des excuses
Pour filer le parfait amour.

Si un jour mes rêves se plissent,
N'oublie pas que sans contusions
Tu n'aurais eu meilleur complice
Pour apaiser tes effusions.

Si un jour aux heures modestes
Tu pouvais enfin réfléchir,
Respecter ceux que tu molestes,
Ta vie pourrait bien s'enrichir.

Si un jour tu perces la toile
Enténébrant tes sentiments,
Alors tu seras mon étoile,
Moi minéral de ton aimant.

Par Rose Vengée
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Dimanche 8 mars 2009

Garde-toi des langueurs qui brument ton sourire
Dans une intimité pouvant indisposer
L'émoi d'un coeur à vif, pressé de recourir
A l'effet placebo pour soigner sa nausée.

Suspends ton vol mesquin assombrissant mon aire.
Je ne connais de nids que tes griffes rassurent.
Le mien s'étiole trop, il faut que je l'aère ;
Qu'importe si sa branche est près de la cassure.

Ne prends pas pour comptant les courants qui te bercent.
A toujours convoiter les plaisirs opportuns,
Ton plumage fondra à la prochaine averse
Et la vie diluera ce qui en toi déteint.

Mais te moraliser est mission impossible
Car tu n'as dans le sang qu'appétit de démon.
Qui veut te résister fait une belle cible
Sauf en fétichisant soutanes et sermons.

T'accepter sans façons mais telle que tu es,
C'est dans l'adversité soigner sa mise à mort
En infidélité, un combat que je hais
Quand ton coeur pénitent ne souffre aucun remords.

Par Rose Vengée
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Jeudi 27 novembre 2008

J'ai rencontré Marie un dimanche en septembre,

A l'heure où le café trempe les croissants chauds

Et les oiseaux de nuit fatigués se démembrent

Après avoir sué sur des coeurs d'artichauts.

 

 

J'ai frôlé son sourire et sa boîte à malice

Dans la chaude moiteur d'un jogging matinal ;

Son petit gabarit, sa jolie peau d'épice

Imprimant dans mes yeux leur touche originale.

 

 

J'ai prononcé trois mots, interpellé ses sens,

Chair de nuque tannée et transpirant beaucoup.

Tandis que dans mon short pointait une excroissance,

Son lumineux regard examinait mon cou.

 

 

Je savoure depuis sons bouquet d'aromates

Quand elle est éruptive et que son bassin tangue

A imprimer mes nuits en gestes d'automate

Pour éteindre son feu, jusqu'à brûler ma langue.

 

 

Souffrant de n'être pas son horizon unique,

J'ai offert mon épaule en fidèle soutien,

Les paumes de mes mains lui servant de tunique.

Je n'en dirai pas plus ; le reste m'appartient.

Par Rose Vengée
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